Les liens entre le stress et l’intolérance alimentaire

La hausse des allergies et des intolérances alimentaires (gluten, lactose etc.) est en constante progression depuis 30 ans dans les pays industrialisés (Note du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de novembre 2018, Centre d’études et de prospectives n° 130 – novembre 2018). 

Les causes sont multifactorielles et la recherche est encore au stade d’hypothèses, même si certains facteurs sont des hypothèses sérieuses pour expliquer l’émergence des intolérances et des allergies au sens large.  

C’est le cas du stress chronique. 

Pour comprendre quel est le lien entre le stress et les intolérances alimentaires, il faut comprendre les conséquences du stress sur le microbiote ainsi que les mécanismes de l’intolérance alimentaire.  

Le microbiote : barrière de défense des intestins

La première barrière de protection du système digestif contre les pathogènes est le microbiote situé tout le long du tube digestif, mais surtout dans l’intestin grêle et le côlon. 

Tout simplement, les intestins sont notre première frontière avec le monde extérieur. Le système immunitaire intestinal a non seulement un rôle de défense immunitaire (bactéries, parasites…) mais empêche également l’organisme d’adopter une réaction immunitaire contre les protéines alimentaires et les “bonnes bactéries”.  

L’immunité intestinale va notamment agir par un mécanisme d’exclusion. Des anticorps de type IgA tapissent la paroi intestinale et empêchent les indésirables de traverser la barrière intestinale. 

Les différentes actions du système immunitaire ne peuvent être menées correctement que si le microbiote est sain et bien équilibré. 

En déséquilibre, agressé par les facteurs internes et externes, le microbiote s’appauvrira et laissera le champ libre au développement de bactéries pathogènes qui peuvent agresser voire traverser la paroi intestinale.  

Le stress : un facteur de dégradation du microbiote

Tout évènement stressant a un impact sur les intestins. Il suffit de penser aux dérèglements intestinaux avant un entretien d’embauche ou avant de passer un concours ou une compétition.  

La sécrétion d’adrénaline entraîne une fuite de magnésium, qui a son tour aggrave le stress. C’est un cercle vicieux. Or le magnésium est un oligoélément essentiel intervenant dans plus de 300 fonctions de l’organisme. Plus le stress est long, plus la fuite de magnésium est importante.  

Selon une étude, 77% des femmes et 72% des hommes auraient un déficit en magnésium (source : Dietary magnesium intake in a French adult population, P. Galan and al, étude SU.VI.MAX. Décembre 1997.)  

La baisse du magnésium est un facteur perturbant l’équilibre du microbiote et a des effets délétères sur les jonctions serrées des intestins, à l’origine de l’hyperperméabilité intestinale qui permet, notamment, le passage des peptides alimentaires dans la circulation générale, plutôt que dans le foie. 

En réponse, l’organisme va avoir une réaction immunitaire inflammatoire. L’anticorps IgG et l’aliment reconnu comme agresseur vont se lier et produire une réaction inflammatoire pour le détruire.  

La difficulté se réside dans le fait qu’à chaque consommation de l’aliment en question, à partir du moment où le système immunitaire l’aura reconnu comme étant agresseur, le système immunitaire sera continuellement stimulé, avec comme conséquence des troubles à court, moyen ou long terme, 

Ainsi, on comprend qu’un microbiote déséquilibré peut être à la fois la cause et la conséquence d’une intolérance alimentaire et pourquoi une intolérance alimentaire pourra avoir des effets qui dépassent largement les inconforts digestifs.  

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